Publications

Les ouvrages   



Aveux, fables et contretemps, ouvrage collectif sous la direction de Mohammed El Amraoui et Malika Bey Durif, 2009

 De Jean-Claude Aillaud, Juliette Akopoff, Malika Amzert, Nelly Anglade, Yvette Bonnafet, Lisette Bouillant, Solange Brosse, Jeanine Chapuis, Marie-Ghislaine Chassine, Marie-Louise Collin, André Itzstein, Sylviane Michot Griffa, Raymonde Picolet, Arlette Scappaticci et Andrée Vacher.

Textes écrits ou prolongés lors d'ateliers d'écriture bimensuels organisés par l'association Dans Tous Les Sens, sur plusieurs années, d'abord avec l'écrivain Malika Bey Durif, puis avec l'écrivain Mohammed El Amraoui.

« Les textes rassemblés dans ce livre sont poussés par le désir de laisser trace. Ils livrent des aveux, des tribulations, des témoignages sur la disparition d'un monde et l'apparition d'un autre, sous forme souvent de récits – fictions ou fragments autobiographiques ou les deux mêlés, l'un approfondissant l'autre sans marque de frontières – ou de lettres adressées à quelqu'un, ou encore de fables et de slams. Cette diversité de styles démontre la capacité qu'a la littérature d'absorber les descentes et les remontées de la mémoire, ses intervalles, ses interstices et ses écarts aussi, là où l'oubli s'infiltre, réinvente ou réécrit les faits; là où l'écriture défie le temps et le contretemps. » Mohammed El Amraoui

 


Marie-Ghislaine Chassine, La toile rude de leur dignité, Chroniques de  vie(s), Ed. la passe du vent, 2008

«Cela fait à présent vingt-trois ans que je vis dans cet ensemble dont l'usine n'est plus propriétaire, partageant avec mes voisins les soucis quotidiens. En les écoutant parler, j'ai été frappé par la façon dont l'histoire de ces humbles gens a été traversé par ce qu'il convient d'appeler la « grande histoire ».

 Il m'a semblé important d'écrire ce que j'entendais, à la fois pour m'aider à mieux les comprendre et pour que leur vie singulière laisse une trace dans l'humanité » Marie-Ghislaine Chassine

«Habitante d'un quartier de Vaulx-en-Velin, Marie-Ghislaine Chassine n'est pas spécialiste « objective » de l'humain. L'écrit est son seul instrument. C'est tout simple, elle parle avec ses voisins, ses voisines, avec tous les enfants du monde dans sa rue. Ecoutons-les se lever ensemble. » André Bouvier

 

Dans tous les sens, ouvrage collectif sous la direction de Roger Dextre et Malika Bey Durif, Ed. la passe du vent, 2001

De Yazid Aït-Hamoudi, Monique Atoch, Jean Creuze, Marie-Ghislaine Chassine, Catherine Ducassou, Michèle Deschanel, Anne-Sophie Demarcy, Malika Farah, Carmen Fuentez, Patricia Qureshi, Christophe Jasseron, Marcel Lamare, Marie Gabrielle Lefort, Marie Masson, Azzedine Soltani et Rahma Zeraï.

Ouvrage publié en collaboration avec l'espace Pandora, lieu de diffusion et de communication de la poésie sous toutes ses formes, à Vénissieux (Rhône).

Le titre de ce recueil est emrpunté à Rimbaud: « ça veut dire ce que ça dit, littéralement et dans tous les sens ». Roger Dextre et Malika Bey Durif, tous deux écrivains, en ont accompagné la réalisation au sein des ateliers d'écriture qu'ils dirigent. Le LZD-Lézard Dramatique, compagnie de théâtre en résidence à Vaulx-en-Velin, a offert le cadre et les moyens d'existence de ces ateliers. L'inspiration des écrits présentés dans ce volume est aussi multiple que singulière. Et les seize auteurs, publiés pour la première fois, donnent à lire de la poésie, des récits, du théâtre... Une expérience unique, parfois ultime, pour un ouvrage qui fera date.

 

 

Azzedine Soltani, Zone Utopique en Péril, Ed. Grafika-s, 2006

 Classer, caser, ranger et créer des zones pour séparer et éloigner les uns des autres; c'est un peu l'histoire de l'homme...

 Il y aura toujours des zones et des ombres plus loin de nous, alors qu'elles nous sont si proches.

 Dans ces zones y vivent aussi des écrivains.

 Pour comprendre les questions que nous nous posons, pour interroger notre capacité d'écouter l'autre et créer un vrai dialogue: Ecoutez Azzedine: « Un  jour on a pris la place de nos parents sur ces fauteuils incomfortables. »

 Ecouter quelqu'un de l'intérieur pour ne pas rester à l'extérieur.

 

                                                                                                                                                  

Afulay, - Cendres des étoiles,  Ed. Grafika-s, 2006

Texte original en tamazighet

Traduction et mise en forme, Afulay, Roger Dextre et Moussa Harim

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yves Lacroix, Un passager délivré, Ed. Le cheval bleu, 1990, réédition 2009

« Les écrits regroupés dans ce livre inaugurent un genre de communication dont notre époque ne se rend guère compte  qu'elle en a besoin. Yves Lacroix se transmet par le fond, en toute sincérité, en toute premièreté, dans une authenticité laborieusement recouvrée et cela, par de très nombreux intermédiaires. Voix de sans-voix, écriture sans mains. Pour un monde ou personne ou presque, n'écoute, ne regarde, ne touche » Jean-Marie Auzias

 

Je suis plus libre dans l'écriture, ouvrage collectif sous la direction de Malika Bey Durif, Ed le cheval bleu, 2003

Mickaël Abbou, Mériem Ben Abdallah, Florence Bergeron, Béatrice Cancade, Maryse Daganaud, Fétah Dendah, Pierre Durand, Christian Hargé, Sonia Kaabèche, Marc Leboucher, Gilles Marsallon, Corinne Massoni, Sandrine Ourrag, Gérard Porterat, Laurence Trouyez, Laurence Valéro, Jean-Paul Vicard.

« Ils nous parlent pour qu'on écrive, ils écrivent pour nous parler. Ecrire serait une façon de faire entendre des mots sans voix, faire entendre la mélodie ou la douleur de vies cachées, la part sauvée des cendres.

Je cueillerais des cerises et des fraises pour lui ne fait-il pas écho à l'amoureuse fraîcheur de Verlaine Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches.

Ecrire pour parler de ces ombres errantes qui hantent la caverne de leurs bouches muettes où seules bougent les lèvres orphelines des choses passées. Ecrire pour laisser passer devant l'écran noir, un jour, les fantômes de la nuit susurrant des abominations, des désastres et des rêves fous venant gonfler une vibrante rumeur qui va s'épancher, comme le sang d'un crime dur la blancheur de la page, comme au bord du premier jour, dans la cotonneuse de l'aube au bout du long couloir du temps: paroles échappées du corps. » Michel Odin

 

Les livrets

 

Christine Allot-Bouty, Ce qu’hier a endormi à la villa Pyth With, 56 p.

« Rien, il n’y a rien. Plus rien. Qu’elle confinée depuis trois jours sous le drap et la couverture. Le jour fait semblant de se lever. Elle l’a vu à travers quelques rayons bien drus derrière les volets mais pour elle, ce n’était ni un jour, ni une nuit. C’est devenu quelque chose qui noie le jour et la nuit et qui ne s’appelle pas. Du coup, le déroulement du temps n’a aucune importance. Elle n’en est plus là. Et pourtant dans ce présent qui passe, il faut bien qu’elle y soit. La permanence de la lampe allumée rassure tout le monde, elle en premier. Elle ne se lève plus, elle ne lit plus, elle ne fait plus sa toilette de chat. De chat d’ailleurs, y’en a plus, c’est réglé ! Les soucis ne peuvent tourner qu’autour de sa personne. Mais est-ce que ça vaut la peine ? La pensée est redescendue et elle rôde autour du corps. Elle dit : « Tourne-toi, juste sur le côté, t’auras un peu moins mal ! Respire lentement, entends-toi respirer. » Mais la pensée appelle ensuite. Je ne peux pas ! Je n’ai pas la force ! J’aimerais bien un massage, dans le dos, le long de ma colonne. Rien ne vient, c’est la pensée qui se pose comme un foulard fripé sur la table de nuit et les yeux attendent. »

 

Christine Allot-Bouty & Sophie Allot-Kubiak, Fragments d’enfance, 35 p.

Les textes réunis dans ce recueil révèlent des expériences d'écriture qui ont pris naissance dans deux espaces et deux temps différents et qui parlent cependant d'un vécu commun.

Deux sœurs, ensemble à rire, à chanter, à se déchirer. Pareille, pas pareille ? Ce sont les moments fragmentés de l'enfance que les mots raccordent aujourd'hui. Deux voix, deux écritures singulières qui remontent le temps et se disent : « Comme c'est étrange, comme c'est troublant ! ».

 

Jacky Merlin, Ouvriers manuels en voie de disparition ?, 2011, 40 p.

Le livret présente de courts extraits d'un texte en évolution qui, comme l'Ulysse de Joyce, suit un personnage tout au long d'une journée -dans son usine et son quartier, ici. Présent, passé. Lieux de mémoire et lieux actuels. Partout le langage joue sur les registres de l'émotion, de la dérision, de la réflexion, de l'emportement ; partout il nous fait vivre et sentir une réalité souvent décrite de l'extérieur, rarement évoquée par une présence aussi impliquée, aussi libre dans ses mouvements d'humeur et de pensée-vivante et imprévisible que dans les pages de Jacky Merlin. (Roger Dextre)

 

Jean-Claude Aillaud, Le grand cirque, 2011, 52 p.

" La P'tite Mado ne mit pas très longtemps pour cataloguer ses nouveaux patrons. Et comme elle décida qu’ils n’étaient ni trop radins ni trop méprisants avec elle comme avec les commis qui livraient les victuailles ou les vêtements achetés dans les meilleurs magasins de la ville, elle déploya toutes ses forces et son savoir-faire pour gagner leur confiance. Particulièrement celle de sa patronne : une femme que l’honnêteté oblige à présenter ici comme réellement empreinte d’une bonté candide et chez laquelle on devinait une fêlure douloureuse, quelque chose comme un grand vide, qu’elle tentait de combler par un débordement d’activité altruiste. Notre future concierge émérite, qui portait déjà en elle toutes les dispositions nécessaires à l’accomplissement de son destin singulier, lava, brossa, cira, épousseta, repassa, rangea, avec tant de zèle et d’abnégation, avec tant de savoir-faire et un brin de rouerie – un ingrédient assurément nécessaire pour obtenir quelques avantages chez les bourgeois, du moins à l’époque de notre récit –, que Madame se prit de la plus vive bienveillance pour cette petite abeille laborieuse, toujours heureuse d'avoir des tâches à accomplir, et qui lui répondait d’une voix toute de miel, malgré son incorrigible accent lyonnais qui écorchait des oreilles exercées à écouter, depuis le plus jeune âge, le latin et les textes classiques."


Roland Mesurini, Petites morales pour les perdants, 2011, 39 p.

« Je me lève et adopte le pas du crabe pour me frayer un chemin entre une haie de genoux. Pris dans mes pensées, je n’avais pas vu à quel point la rame était bondée. Je plonge dans la masse compacte et me laisse porter par la vague qui se déverse sur le quai. D’un pas de côté je m’en extrais et observe le flot de commerciaux et de loups de la finance qui se précipitent vers la sortie, appâtés par l’odeur du pigeon à plumer. Avant que chacun regagne son open space, ils vont parader devant le coach qui notera leur performance sur le paper board. Depuis les toilettes du primaire, rien n’a changé, ce sont toujours les même qui jouent à « qui c’est qui a le plus gros kiki ? ». Une grande langue de métal gris m’extrait lentement des entrailles de la ville pour me recracher sur le parvis du nouveau quartier des affaires. La métamorphose n’est pas encore parfaite, quelques vestiges du vieux monde font de la résistance. »


Moussa Harim, Fragmentation de l'eau, 2011, 36 p.

Recueil de poésie (français, arabe, berbère)

"Et la jeunesse meurt soudainement,

comme ça

sans raison,

sans secret,

comme si le jour avait ordonné

mortellement de se taire."

 

Jean-Pierre Guillot-Tournus, Katsepy, 2010, 47 p.

« Elle s'effondre le visage dans l'eau et reste comme inconsciente une grosse poignée de secondes, puis elle se redresse et ce n'est plus la même femme. Son visage a changé complètement, les paillettes d'or ont disparu de ses yeux, les traits sont durs comme figés, le regard a perdu toute intensité, j'ai l'impression qu'il me traverse sans me voir, ses cheveux ont perdu leur noir étincelant et paraissent gris, les boucles ont disparu et sa bouche ressemble à celle d'une vieille femme édentée. Cette transformation est diabolique, elle me colle les jetons comme c'est pas possible et malgré la chaleur, j'en ai la chair de poule, je tremble comme mon toutou lorsque je l'emmène chez le vétérinaire. »


Serge Bagu, Mes recettes délirantes, 2010, 51 p.

« À la maison et tandis que vous dégustez une bière, faites pétrir la pâte à brioche à votre copine, car Nougaro l’a chanté haut et fort qu’il n’y a rien de plus beau que les mains d’une femme dans la farine. Mettez la chanson en signe d’encouragement. Quand le pétrissage est fini, la boule de pâte ne doit plus coller sur le marbre et doit être aussi lisse que les fesses d’une pucelle, si toutefois vous en connaissez une. Faites lui filmer et mettre la boule au frigo. Maintenant que votre compagne est disponible, elle peut alors enfin s’occuper de vous comme vous le méritez. Employez votre temps comme bon vous semble jusqu’au lendemain, car ce que vous ferez d’ici là ne me regarde pas. »


Christine Zanetto, La petite machine d'écriture, 2010, 68 p.

« On a dans les doigts comme une petite machine à écrire. Il suffit qu’on se pose à la table de travail, à l’atelier, à la maison. On se laisse aller un peu quand la nuit referme son sac sur vos fenêtres. On n’a pas trop peur s’il fait tard, de regarder dehors. On dit qu’il fait nuit. On sait bien que ça n’est pas tout à fait vrai – surtout à la ville. A la ville, le cœur de nuit peut être jaune ou blanc ; j’aime le jaune, cette pâleur d’orage et de réverbères que les brumes ou nuages bas réfléchissent sur les toits, cheminées, rambardes. On s’allonge parfois à même le parquet dur, frais ; on le sent sous la tête, le dos, les fesses, les mollets. On sent le bois qui craque et chuinte. On ouvre les yeux grands vers un ciel si noir qu’il prend toute la pupille. On se repose à même là, au sol, regard écarquillé. On attend doucement le sommeil sans bouger, avant que de rejoindre ses draps propres, ses draps à soi – rien qu’à soi. Parfois on aime ça, ces draps rien qu’à soi – rouges, rouge sang, lisses, des draps de fille. On est peut-être parfois un peu précautionneuse, un peu maniaque – mais pas trop. »


Marie Rouge, La vieille et le cri, 2010, 28 p.

« J'aurais pu croire à un mauvais rêve. J'aurais pu croire que je m'étais réveillée en hurlant. Non. Ce n'est pas moi qui hurle. Je ne suis pas folle. Ce n'est pas moi qui hurle. Ça me déchire le ventre autant que les oreilles. Atroce douleur en moi et en dehors de moi.

Je m'étais habituée au gémissement, presque un bercement pour m'aider à dormir. Le voilà tout d'un coup qui explose. Je sais que c'est lui. Je sais que c'est lui. Je sais d'où vient ce cri qui m'oblige à plaquer les mains sur mes oreilles. »


Armand Creus, Retirada, 2010, 63 p.

Il s’agit d’un récit mêlant histoire et biographie, grande et petite histoire, mémoires des luttes des Républicains espagnols et d’une famille catalane qui s’exile. Enfin, c’est aussi une réflexion sur la transmission et l’engagement.


Christian Letellier, La Tara verte, 2008-2009, 43 p.

« Devant moi, sur le côté, un homme inattendu se tient assis sur ses talons. Immobile, face à la chute d’eau. Son attention est tellement captée qu’il ne m’a pas aperçu. Je sais que les Mongols aiment à se recueillir devant certains aspects de la nature, montagnes, cours d’eau, grottes et surtout les cascades. Ils y voient une manifestation des forces telluriques et des esprits qui y sont associés. La Tara verte n’est jamais loin. »


Serge Bagu, Machos, beaufs et compagnie, 2008-2009, 55 p.

« Le repas du soir est glacial et vite expédié. Tout le monde se lève. Dominique rejoint sa chambre pour réviser ses devoirs. Le Beauf titube en reculant sa chaise. En plus de ses trois à quatre bières habituelles de l’après-midi, il a ingurgité trois pastis pour se passer les nerfs sans compter les quatre verres de rouge en mangeant. D’un pas mal assuré, il entre dans la chambre et voit Diogène sur le lit et à sa place en plus. « Manquait plus que lui », dit-il. Il veut le chasser d’une gifle phénoménale mais le chat est déjà parti. Emporté par son élan, il s’affale sur le ventre et s’endort comme ça tout habillé. Dans la cuisine Solange fait traîner la vaisselle. Elle n’a pas envie de rejoindre son mari tant qu’il n’est pas endormi. Ensuite elle fait une longue toilette puis va le rejoindre et perçoit ses ronflements d’ivrogne sur le seuil de la porte. Elle réfléchit brièvement, et pour la première fois de sa vie de couple décide de dormir toute seule. Au salon elle déplie le clic-clac s’enveloppe dans une couverture, et dans le noir, remâchant son amertume, caresse la tête de Diogène qui s’était doucement allongé sur son ventre. »

 

Catalogue des livrets des années précédentes

 



 
Actualité

Vendredi 2 Mars 2012 à 20h00

Soirée lecture "Les vies des Femmes" 

Bibliothèque MG Chassine à Vaulx-en-Velin


Mardi 6 Mars 2012 à 19h30

Soirée lecture "Lire, écouter la langue des poètes"

Grand Café de la Mairie à Vaulx-en-Velin

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