Dans Tous Les Sens

Virginie Lou-Nony à Vaulx-en-Velin

Soirée d’ouverture de la résidence de Virginie Lou-Nony

affiche-lancementVirginie Lou-Nony est le quatrième écrivain à venir en résidence à Vaulx-en-Velin, invitée par l’association Dans tous les sens. Nous l’accueillerons pour l’ouverture de cette résidence à la Brasserie de l’Hôtel de Ville le mardi 13 décembre à 19h.

Virginie Lou-Nony est une écrivaine dont l’œuvre est multiple ; elle s’est adressée à la jeunesse à laquelle elle a dédié une vingtaine de livres qui peuvent aussi captiver ou enchanter des adultes et a publié également plusieurs romans puissamment écrits dont la lecture révèle une diversité de ton et de thématiques très rare et étonnante. On y découvre des univers où se rencontrent des personnages dessinés avec force, venus de tous les horizons : de la campagne profonde aux banlieues et aux entreprises d’aujourd’hui, de la Bretagne guerrière du Moyen-Age aux institutions pour infirmes, de la famille et de son intimité aux horizons des luttes mondialisées.

La présentation laissera la parole à Virginie Lou mais nous avons aussi souhaité témoigner de notre intérêt pour une œuvre proche de nous, si exigeante et si généreuse. Les membres des ateliers de Dans tous les sens vous feront partager leurs coups de cœur en lisant des passages de ses romans pour adultes aussi bien que des livres destinés à la jeunesse.

Nous ferons enfin quelques incursions dans une de ses dernières publications qui nous concerne et nous touche : « Ce qui ne peut se dire », un livre sur « l’atelier d’écriture à l’épreuve du silence ». Autant de raisons à notre invitation et à venir découvrir une œuvre et son auteur.

Mardi 13 décembre à 19h30

Brasserie de l’Hôtel de Ville – 16 rue Maurice Audin, 69120 Vaulx-en-Velin

Soirées lectures

Soirée lecture « Carlson Mc Cullers avec nous » Mercredi 15 février à 19h

Affiche CarsonEn amont du spectacle que le Théâtre du désordre des esprits et la Cie Bruno Boëglin présente le 6 mars au centre culturel communal Charlie Chaplin dans le cadre d’À Vaulx Jazz – Hors les murs, Dans tous les sens vous invite à une soirée à la Brasserie de l’Hôtel de Ville autour de cette écrivain américaine (1917-1967) le mercredi 15 février à 19h.

Le spectacle est né « du désir de confronter la vie de Carson McCullers (Le cœur est un chasseur solitaire, Reflets dans un œil d’or, La ballade du café triste) avec celles de ses héroïnes et de ses personnages », mais aussi de donner à ce spectacle la dimension musicale caractéristique de ses romans et des communautés qu’elle raconte, où se côtoient et se rencontrent les blancs pauvres et les noirs dans les années 40 en Géorgie au temps de la ségrégation.
C’est ce « sens de l’humain » souligné par l’écrivain noir Richard Wright (Les enfants de l’oncle Tom, Black boy) qui nous retiendra au cours de cette lecture dans ses diverses harmoniques : l’histoire des Etats-Unis et des conflits provoqués par le racisme, la place artistique et sociale de la musique, l’importance des liens de famille et de voisinage, la  difficulté à devenir adulte, l’incertaine et magnifique tendresse d’un « nous » toujours  fragile et incertain dans l’oeil d’or de la romancière.

Les membres de l’équipe artistique nous parleront de la personnalité et de l’oeuvre de Carson, comme elle s’est fait appeler, dans le contexte de la littérature américaine. Avec le metteur en scene Bruno Boëglin, le poëte André Blatter, et l’actrice Catherine Ducarre, ils nous presentent Carson, titre de ce spectacle et liront des extraits de romans et poèmes de l’écrivaine, accompagnés par le saxo d’Olivier Granger

Virginie Lou-Nony 2016/2017 / Virginie Lou-Nony à Vaulx-en-Velin

L’Art de la nouvelle – Virginie Lou-Nony

ateliers-nouvelle-2-compressorMes ateliers s’adressent à tous ceux qui ont envie d’écrire et que le genre de la nouvelle titille. On peut ne rien y connaître ou être au contraire féru de nouvelles, avoir envie de jouer avec une forme ou de se colleter « pour de vrai » à un genre réputé, et juste titre, très difficile. Tout dépend de son niveau d’exigence. Mes ateliers sont conçus pour que les plus sourcilleux trouvent matière à réflexion pratique, et que les plus détendus s’y sentent à l’aise.

La première séance, jeudi 15 décembre, sera une prise de contact et un galop d’essai : nous nous essaierons à la short short story avec l’humour pour horizon. Compte tenu de l’horaire de l’atelier, on peut apporter son pique-nique, sa tisane, sa bouteille, son petit tupperware : le cerveau a besoin de nourritures, pas seulement spirituelles.

Après ce galop d’essai 5 séances très étroitement articulées (il est recommandé de ne pas rater de séance, ou alors de prendre ses précautions pour avoir tous les renseignements sur ce qui s’est passé). Chacun pourra alors se confronter pratiquement à cet art singulier de la mise en scène du silence, du vide, du tabou qu’est une nouvelle. Pas à pas, épaulé de séance en séance par la proposition et par les retours de ses compagnons de route, chacun construira sa propre nouvelle, selon son cœur et sa vision du monde. Bien sûr, il y aura des ratés, des fausses pistes, des emballements qui mènent au mur: c’est le lot de tout artiste. Mais nous avons un allié sûr : le temps. Dates des ateliers : 5, 12, 19, 26 janvier et le 2 février

Nous laisserons reposer le travail quelques semaines. Pendant ce temps, chacun aura le loisir d’aller à la bibliothèque apprendre des autres, scruter leurs écrits avec le désir de comprendre comment c’est fait, et pas seulement de déguster ; avec l’envie aussi d’en découdre : qui c’est, ce Tchékov, pour s’imaginer m’apprendre ? Car l’insolence est une vertu trop souvent décriée.

Le 16 mars 2017, nous nous retrouverons pour un atelier essentiellement consacré à la question du retravail. Carver reprenait pas moins de 13 fois chacune de ses nouvelles. Si j’en juge par mon expérience du roman, c’est le SMIC. Cela peut paraître sévère, mais combien d’esquisses avant le tableau définitif ? Combien d’heures de souffrance dans les doigts avant la sonate de Schubert sans couac ? Cela s’appelle la réalité. Nous nous y frotterons.

Jusqu’au 15 mai, date de la manifestation d’Écriture Hors Les Murs, chaque participant(e) pourra correspondre avec moi, me soumettre ses questions et les différentes versions de son texte afin que, lors de la restitution, elle/ il soit en capacité de risquer sa nouvelle, écrite de sa main et selon son désir, devant un plus large public que celui de l’atelier : d’oser la publication.

Les ateliers se déroulent dans les locaux de l’association (1 rue Robert Desnos, Vaulx-en-Velin) de 18h30 à 21h30.

Non classé / Soirées lectures

Retour sur la soirée lecture du mardi 18 octobre 2016 – Nos vies multiples – Christian Letellier

Belle soirée Les vies de Pierres

Retour en image …

p1

… et en texte !

Extrait du livre Les vies de Pierres

J’arrive, le souffle court, devant la pauvre maison de Marion. Mille hypothèses se bousculent en spirale dans ma tête.

Elle n’est peut-être plus là, ou morte ou emportée par quelque tourmente.

Je tremble, bon Dieu, je tremble !

Un petit garçon joue devant la maison, un chien aboie.Le garçon me regarde. Coup d’aiguillon.

Du bruit dans la maison, une porte qui s’ouvre.

Mon cœur cogne dur, il emplit toute ma poitrine.

Et c’est tout mon sang qui se glace quand je vois la silhouette d’un homme découpée dans la lumière de la porte ouverte.

Je me suis caché derrière un arbre.

L’homme gueule après le chien qui se tait et il rentre.

Tout mon poids est contre l’arbre qui me porte.

Je transpire. J’ai peur.

C’est un homme, par forcément son homme.

Ce sont peut-être d’autres gens.

Quelques minutes passent. La porte s’ouvre à nouveau.

Une femme. C’est elle, oui, c’est Marion !

Marion femme, Marion usée, mais c’est elle.Ça tape fort dans mes tempes.

Elle appelle le garçon : « Pierre, il faut rentrer, allez ! »Sa voix. La même.

Cette voix qui me parle chaque nuit depuis neuf ans. La même.

Elle a dit Pierre.L’enfant pointe le doigt vers moi.

       – J’ai vu un monsieur, là !

       – Il est parti, allez, dépêche-toi !

Sa voix.Elle balaie les buissons du regard.

Elle ferme déjà la porte.Il est revenu du fond de ma mémoire, ce signal.

Un petit sifflement quand je l’appelais sous sa fenêtre.La porte s’ouvre à nouveau.

Elle regarde encore, toute roidie.

Je refais le signal.Appuyé à l’arbre, j’attends de longues, interminables minutes avant que la porte ne s’ouvre à nouveau. Marion se hâte vers moi, elle est là, son corps contre le mien et neuf années abolies – la peur, les joies, les peines, la magie et l’horreur de l’Afrique, effacés…